mercredi 15 octobre 2008


Logements
Le douteux plaidoyer des promoteurs LSP


Lors de sa récente visite de travail dans la wilaya de Bejaia, le ministre de l’Habitat avait exigé des promoteurs de présenter des sous détails de prix et de prouver qu’ils sont déficitaires en réponse à leurs difficultés financières, selon eux, induites par un important déséquilibre entre le coût de revient des logements LSP et leur prix de cession fixé à deux millions de dinars par l’Etat pour certaines wilayas, dont Béjaïa. Un mois plus tard, la section de Bejaia de la Fédération nationale du secteur du bâtiment, travaux publics et hydraulique avait saisi le Chef du gouvernement et le ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme par écrit accompagné d’un détail des hausses subies par les matériaux de construction entre 2002 et 2008 pour le Chef du gouvernement et d’une étude du coût de revient d’un logement LSP de type F 3 d’une superficie moyenne de 65 m2 pour le ministre de l’Habitat. Cette étude qui conclut à un total coût de revient de 202 millions de centimes alors que le prix de cession fixé est de 200 millions laisse supposer que ces promoteurs travaillaient et continuent à travailler à perte. Chose inimaginable.
Convaincus de l’invraisemblabilité de la chose, ces rédacteurs ajoutent que la vente de locaux commerciaux d’accompagnement devant compenser ce déséquilibre n’a pas donné les résultats escomptés sauf dans les projets implantés dans le périmètre se situant dans la zone du chef-lieu de wilaya. Continuant sur la lancée, ils relèvent aussi que lors de l’attribution de la première tranche du plan quinquennal, des projets implantés en dehors de cette zone, jugés non rentables, ont été attribués en concomitance avec des projets jugés intéressants par l’administration.
Tout en s’engageant devant le ministre d’achever dans les délais leurs projets malgré les multitudes contraintes administratives, ils remettent en cause les délais de réalisation dans la lettre adressée au Chef du gouvernement en subordonnant l’achèvement des chantiers en cours, estimés selon eux à un taux d’avancement de 40 %, à un déplafonnement du prix de cession du logement LSP à 2.800.000 DA ou bien leur livraison à l’état semi-fini à concurrence de 2.000.000 DA.
Ce bras de fer engagé par les entrepreneurs de Bejaia avec les autorités en charge du secteur a commencé en mars de l’année en cours par une semaine d’arrêt des travaux de chantiers après une nuée de correspondances adressées au préalable à toutes les autorités compétentes.
Cela a été rappelé au Chef du gouvernement tout en ajoutant que sans aucune condition, ils avaient repris les travaux pour contribuer à la réalisation du programme présidentiel en la matière mais qu’en contrepartie, aucune suite n’a été donnée à leurs doléances.
Tenaces et convaincus de la justesse de leur demande, les membres de la corporation menacent de recourir à l’arrêt des travaux de chantiers en cas de non-satisfaction de leur requête.
A. Gana

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