
M. Rabia Sid-Ali, directeur de la CNAS de Béjaïa, au JI :
«Il faut regagner la confiance des assurés»
Le nouveau directeur de la CNAS de Béjaïa, installé depuis un peu plus d’un mois, a pris ses fonctions à un moment assez particulier, caractérisé par le besoin d’un nouveau souffle dans ce secteur sensible afin de parvenir à une meilleure organisation des activités de l’ensemble des structures. Une période importante coïncidant avec les débuts de l’opération initiée par la tutelle, qui concerne la mise en circulation des cartes magnétiques Chifa. Le choix porté sur la personne de M. Sid-Ali Rabia par la tutelle n’est sans doute pas fortuit. Ce père de 3 enfants, âgé de 58 ans, a déjà enregistré des résultats probants dans ses fonctions de directeur régional informatique de la wilaya de Chlef, poste qu’il a occupé durant 14 ans. M. Sid-Ali Rabia a bien voulu nous accorder cet entretien dans lequel nous avons pu aborder plusieurs points sensibles de ce secteur névralgique au niveau de la wilaya de Béjaïa.
Le Jeune Indépendant : Comment s’est déroulée votre installation et quelles ont été vos premières impressions ?
M. Sid-Ali Rabia : Je ne vous cache pas qu’à moins de deux années de mon départ à la retraite, j’ai été un peu réticent. Mais mes responsables ont pu me convaincre de la nécessité de venir ici à Béjaïa, dont je suis originaire. Les constatations que j’ai faites lors de mes premiers contacts ont été plus ou moins satisfaisantes au vu de la valeur des compétences existantes, mais qui ne sont pas suffisamment exploitées. J’ai été également réconforté par l’engouement et la volonté qui anime l’ensemble de mes nouveaux collaborateurs.
Quelles sont les premières mesures que vous avez prises ?
Tout d’abord, j’ai procédé à l’installation d’une cellule composée des quatre sous-directeurs des prestations, des finances et du recouvrement, de l’administration et des moyens généraux, ainsi que du médecin chef. Nous envisageons de procéder, ensemble, à une utilisation rationnelle des compétences, car elles existent. Il suffit d’adapter de nouvelles idées, d’apporter de nouvelles méthodes, mais aussi de changer certaines mentalités. Pour cela, le directeur ne doit pas se limiter à la signature du courrier ou se confiner dans le rôle du gendarme. Il faut que l’on ait autant de respect pour lui que pour les responsables à tous les niveaux et vice-versa. Un bon chef est celui qui sait écouter et être proche de son personnel ; c’est tout cette dynamique et ce coté relationnel que nous voulons mettre en place.
En avez-vous le temps et les moyens ?
Vous savez, chaque problème à sa solution ; il suffit de conjuguer tous les efforts pour y parvenir. Je crois que l’important est de regagner la confiance de nos assurés, et cela ne pourra se faire qu’en axant tous nos efforts à l’endroit de la situation administrative, en mettant à jour les dossiers et en mettant à toutes les lenteurs qui pénalisent d’une part l’assuré et d’autre par notre personnel qui reste confronté à des tonnes de documents qui s’empilent sur les bureaux.
Justement, le lancement des cartes magnétiques Chifa n’est-il pas en ce sens une opportunité à saisir ?
Absolument. Béjaïa qui figure parmi les wilayas pilotes pour le lancement de cette opération ne peut que s’en réjouir, car cela permettra à coup sûr de développer un système assez judicieux pour accélérer les procédures administratives et de créer ce lien entre l’assuré, le médecin, le pharmacien et, bien entendu, la caisse.32 pharmacies ont été enrôlées et auxquelles nous avons remis les appareils pour les cartes. Nous avons lancé l’opération le 25 août dernier. Nous avions reçu la première facture/ordonnance électronique le 27, c’est-à-dire deux jours après, alors qu’auparavant il fallait plusieurs semaines pour disposer de toutes les données et pouvoir traiter le dossier. Le seul inconvénient aura été certainement l’acheminement de ces cartes vers les assurés, surtout dans certains quartiers ou l’urbanisation anarchique pose le problème des adresses. Sur les 2 700 cartes de la première phase, au moins 10 % nous ont été retournées à cause de problèmes d’adresses. Mais je peux vous assurer que l’on fera tout pour les faire parvenir, par n’importe quel moyen, car chaque carte distribuée est synonyme de gain de temps et d’argent et d’absence de contraintes pour tout le monde.
Cette opération concerne-t-elle toutes les structures, caisses et antennes de la wilaya ?
Pour le moment et dans un premier temps, elle se limite à la caisse d’Ihaddaden. Mais nous envisageons, dès que le système sera bien maîtrisé par nos agents, de l’élargir à d’autres structures, à commencer par celles de la cité Tobbal de Béjaïa et d’Amizour, avant de l’étendre progressivement à l’ensemble de nos agences.Il faut souligner tout de même que nous nous attelons à la formation et au perfectionnement de nos agents, un volet que l’on ne doit pas négliger. D’ailleurs, des stages d’initiation seront dispensés à tous les agents qui auront à travailler sur les nouveaux systèmes de gestion, à commencer par celui ayant trait à la carte magnétique. Nous encouragerons pour cela toutes les bonnes volontés, pour améliorer leur situation professionnelle et le rendement efficace de nos structures à tous les niveaux.
Un dernier mot ?
Je tiens tout d’abord à remercier votre journal qui a bien voulu me donner l’occasion de m’exprimer et de m’adresser à toutes les personnes que je n’ai pas eu encore l’occasion de rencontrer, ce qui se fera progressivement. Je tiens également à lancer un appel à tous nos assurés pour qu’ils se rapprochent de nos services afin de s’enquérir de leur situation. Nous comptons sur leur compréhension et leur contribution pour la réussite de cette opération Chifa, avec cette carte qui leur permettra de ne plus être confrontés aux contraintes et autres désagréments qu’ils ont eu à supporter péniblement. Et Aïdkoum moubarak.
Prp. M. B.
voir article du 13/09/2008. (sur le même sujet).

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