mercredi 17 décembre 2008

Les S.D.F. en danger


La région de la Soummam est confrontée à un froid sibérien alors que l’hiver n’a pas encore atteint son rythme de croisière. Il est difficile de mesurer la souffrance des sans-abri, lesquels sont depuis la mi-décembre à la merci des caprices du climat. En effet, les SDF vivent au rythme d’un supplice qui n’en finit pas.
Aux quatre coins de la vallée de la Soummam nombre de ces citoyens rattrapés par la rue parce qu’ayant tout perdu ou malades mentaux sont laissés à leur triste sort. La journée, ils déambulent avec leur lot de malheurs soit pour fuir les regards indifférents ou passent l’essentiel de leur temps à chercher de quoi manger ou encore un coin en quête de tranquillité. Qui se soucie de cette catégorie peu gâtée par cette vie pleine d’inégalités ? Si chaque journée qui passe leur apporte son cortège de routine et de morosité c’est la nuit qui les effrais davantage avec les assauts de la bise et les chutes libres du mercure qui prévalent. Piètres conditions de survie que celles qu’endurent ces êtres seuls, vulnérables, qui n’ont aucun moyen pour affronter la faim, le froid et l’insalubrité : des conditions inhumaines dans lesquelles ils se retrouvent enlisés bon gré mal gré parce qu’ils ont perdu un emploi ou ont été chassés de chez eux par des proches égoïstes qui ont renoncé à leur venir en aide parce que jugés trop faibles, trop pauvres ou malades. Des S.D.F. qui souffrent le martyre, on en voit à Akbou, à Tazmalt et en zone rurale. Nombre d’entre eux n’ont épousé ce triste statut tout simplement que parce que ne possédant pas toutes leurs facultés mentales. Et il n’est pas nécessaire de faire un dessin pour traduire l’enfer dans lequel survivent ces malades à l’heure où d’aucuns reconnaissent que tout reste à faire en matière de prise en charge psychiatrique si prise en charge il y a. Et pour beaucoup, le refuge c’est la rue avec toute sa déchéance. Dans certaines wilaya, on se hasarde parfois à mettre les sans-abri dans des centres où ils sont nourris, soignés et hébergés pour la durée de l’hiver.
Qu’en est-il dans la wilaya de Béjaïa ?
C’est vrai que le bonheur d’un SDF est limité lorsque il est pris en charge jusqu’à la fin de l’hiver ; ensuite, il entreprend une véritable descente aux enfers replongeant juste après, dans la spirale de la misère pour le restant de l’année. Mais peut-être qu’en hiver avec le froid qui sévit leur supplice est incommensurable.
D’ailleurs, ne risquent-ils pas de mourir de froid dans leurs abris de fortune ?
Quand les malheureux S.D.F. seront-ils au centre des préoccupations de nos parlementaires qui vivent royalement et d’autres élus de wilaya ou de communes qui ne viennent vendre leur factice et soudaine philanthropie qu’à l’occasion d’une campagne électorale ? Dans des pays développés, les S.D.F. font l’objet en ces moments rigoureux de l’hiver d’une attention particulière des gouvernements, de l’opposition et des médias, qu’en est-il chez-nous ?
Z.Z

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