samedi 13 septembre 2008



219 000 élèves à Béjaïa



Pour les élèves, les vacances, c’est fini. La rentrée scolaire est là. Le décor exhale depuis quelque temps les odeurs caractéristiques de ce grand moment de la rentrée sociale. Les couleurs chatoyantes des nouveaux habits sont bien mises en évidence par les magasins, les cartables s’affichent à profusion. Les soirées ramdhanèsques de ces derniers jours connaissent ainsi un afflux sans précédent des gens. Les commerces du Quartier-Sghir ouvrent jusqu’à des heures tardives. Les véhicules circulent sur la rue de la Liberté pare-choc contre pare-choc. Les parents devraient encore une fois délier douloureusement les bourses pour faire face à des dépenses qui peuvent aller jusqu’à 4 000 DA par élève. Quelque 219 000 élèves sont attendus aujourd’hui qui pour un retour, qui pour une première entrée dans le cycle scolaire. Les établissements vont devoir faire face à des pressions paradoxales. En amont, certaines écoles devraient tout simplement fermer en raison tant de la baise de natalité que des phénomènes d’exode de la population. Ighram, commune montagneuse de la région d’Akbou, a ainsi vu sa population chuter de 15 000 âmes à 12 050 entre les deux RGPH (Recensement général de la population et de l’habitat) de 1998 et de 2008. Trois des dix-sept villages de cette commune ne comptent plus qu’une dizaine de familles. Le cas du village Iaâzouenene est frappant. L’école de ce village était fréquentée par quelque 100 élèves en 1998, en 2008 elle ne compte plus qu’une quarantaine. La situation se répète ainsi dans plusieurs localités montagneuses. L’arrivée aux collèges des deux fournées de l’enseignement fondamental et de l’enseignement primaire pose par contre un problème de surpopulation. Les CEM ne semblent pas préparés à subir cette situation transitoire qu’ils devront gérer en recourant à tous les expédients possibles. Un problème de ventilation des professeurs sur les matières se pose. Avec la suppression des technicums, certains profs qui ont passé des années dans le même établissement vont parfois douloureusement déménager vers d’autres établissements. les services de la DE ont ainsi passé l’été à gérer des conflits parfois inextricables nés de ce changement. Des enseignants ont souvent fermement refusé d’être dirigés vers de nouveaux établissements surtout quand ceux-ci s’avèrent éloignés de leurs lieux de résidence. Les enfants en fin de scolarité et ceux qui auront tout simplement opté pour une formation devraient eux aussi tenter une nouvelle chance dans les centres de formation professionnelle. Les responsables de ce secteur ont mis en place 3 600 places pédagogiques pour les accueillir. Les lycéens et collégiens pour lesquels aucune possibilité de passage n’est possible peuvent s’inscrire pour suivre une formation qualifiante. La Direction de la formation professionnelle a tout préparé pour que les malheureux au bac trouvent une place dans les instituts et centres de la wilaya avec l’ouverture, dès fervrier prochain, du nouvel Institut de tourisme d’Aokas. Quelques nouvelles spécialités sont introduites cette année pour répondre à la demande, affirme-t-on du côté de la direction du secteur. Plus de 1 000 jeunes sont déjà inscrits pour y suivre une formation, dès le 25 octobre, date de la rentrée pour les nouveaux stagiaires. Ainsi, le tourisme, l’hôtellerie et le bâtiment sont, entre autres, les spécialités introduites par souci de satisfaire tout le monde d’autant que les formations en question sont très demandées par le monde du travail, soit les secteurs employeurs. Il est question aussi de réouverture de l’Institut d’Iheddaden et d’autres annexes pour la prise en charge des jeunes dans les zones rurales et enclavées, notamment les villages. Et en matière d’encadrement, 40 postes budgétaires sont ouverts pour le recrutement des enseignants. Un avis est sur le point d’être lancé pour leur recrutement par voie de concours, indique-t-on au niveau de la Direction de la formation professionnelle.
B. B




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